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Alabuga Start, la sombre vérité derrière le recrutement de jeunes femmes africaines




Le 22 août, les autorités Sud-africaines annoncent qu’une enquête est ouverte sur une campagne de recrutement russe assimilée à « un trafic d’êtres humains », visant le programme Alabuga Start, lancé en 2022 dans la zone économique spéciale d’Alabuga (Tatarstan). Des jeunes Africaines originaires de plusieurs pays sont recrutées sous de fausses promesses de formation professionnelle. En réalité, elles sont exploitées dans des usines d’assemblage de drones militaires.

En août, le ministère chargé des femmes au sein de la présidence sud-africaine a alerté contre les offres d’emploi en Russie lancées sur les réseaux sociaux. Cette mise en garde intervient trois jours après que l’agence de presse Bloomberg News ait révélé que des entreprises russes ciblaient l’Afrique du Sud pour leur campagne de recrutement. L’une d’elle, Alabuga Start, propose des offres trompeuses aux jeunes femmes de plusieurs pays d’Afrique. Ce programme russe se présente comme une opportunité de formation professionnelle pour les jeunes Africaines, avec des promesses attrayantes : billet d’avion gratuit, logement subventionné et salaire mensuel.

Les publicités sur les réseaux sociaux montrent des femmes souriantes visitant des sites culturels ou travaillant dans des usines "modernes". Ce sont des jeunes femmes âgées de 18 à 22 ans qui sont ciblées, à qui le programme promet des emplois dans des domaines variés comme la restauration ou la logistique. Arrivées en Russie, nombre d’entre elles se retrouvent affectées à la production de drones ou à des tâches de ménage, dans des conditions proches de l’esclavage moderne.

Le programme Alabuga Start a mené une campagne de recrutement agressive via de nombreuses publicités sur les réseaux sociaux comme X, Telegram et Facebook. Concernant l’enquête ouverte en Afrique du Sud, de nombreux influenceurs sud-africains sont accusés d’avoir contribué au recrutement en « encourageant » les jeunes femmes à se rendre en Russie. Ils sont plusieurs, comme Aya Langa et Cyan Boujee, à s’être excusés et à avoir retirer leurs vidéos des réseaux sociaux.

Des conditions de travail inhumaines

Face aux accusations, l’ambassade de Russie au Botswana a nié toute violation des droits des participantes, affirmant que le programme offrait des "opportunités légitimes". L’ambassade de Russie en Afrique du Sud affirme quant à elle que les accusations de « traite d’êtres humains » sont basées sur « des allégations sans fondements ».

En 2024, des témoignages recueillis par l’agence de presse Associated Press décrivent des conditions de travail "épuisantes" et des salaires bien inférieurs à ceux promis. Les participantes sont soumises à des horaires de travail excessifs, à une surveillance constante et à des restrictions de communication avec l’extérieur. Pire encore, elles manipulent des produits chimiques nocifs sans équipement de protection adéquat, ce qui entraîne des problèmes de peau et des maladies respiratoires.

Par ailleurs, le site d’Alabuga est exposées aux attaques, ce qui représente un danger mortel pour les employées. En avril 2024, la ZES d’Alabuga a été frappée par un drone. Les installations militaires sont considérées comme des cibles prioritaires, ce qui rend le travail dans cette zone particulièrement dangereux. De plus, une enquête publiée par la plateforme Alabuga Truth révèle que non seulement les employées font face au racisme et au harcèlement, mais que certaines femmes ont été contraintes de vendre le corps pour subvenir à leurs besoins.

Alabuga Start s’intéresse à plusieurs pays, dont le Bénin
Alabuga Start ne se limite pas à l’Afrique du Sud. Un rapport d’enquête de l’ONG Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) révèle que des jeunes femmes du Bénin, du Nigeria, du Mali et d’autres pays africains ont également été recrutées. Le programme s’est aussi élargi à des pays d’Asie et d’Amérique latine.

Le 17 mai 2025, le Réseau des Leaders Africains pour la Démocratie, l’Émergence et le Renouveau (Réseau-LEADER) a organisé un atelier à Cotonou pour sensibiliser et alerter sur la hausse des risques qui se cachent derrière certains programmes de mobilité à l’étranger, particulièrement vers la Russie, le Moyen-Orient et certaines régions d’Asie. Parmi les participants se trouvaient Dr Jean Emmanuel Gnagnon, président du Réseau-LEADER, et Mme Habiba Issa Bonny Dualla, présidente de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) et membre de LEADER. Le président de LEADER a dénoncé un « piège moderne qui transforme les jeunes Africaines en main-d’œuvre silencieuse pour des guerres qui ne sont pas les leurs ». Des participants de nombreux pays (Burkina Faso, Togo, Bénin, Cameroun) se sont indignés et mis d’accord pour mettre des actions en place.

Comment lutter contre ce fléau ?

Plusieurs personnalités politiques africaines ont alerté sur les dangers du programme. Le député zimbabwéen Martin Mureri a qualifié Alabuga Start d’"esclavage moderne" et a promis de porter le débat devant le Parlement national. Au Bénin, au Nigéria, au Malawi, en Zambie et au Sénégal, des ONG multiplient les actions de sensibilisation pour dénoncer un "piège moderne de type colonial".

Des mesures simples permettraient de dissuader les jeunes filles de se rendre à Alabuga : suspendre les accords de coopération suspectés d’abriter de telles pratiques, diligenter des enquêtes sur les dispositifs de bourses internationales, sensibiliser les populations, notamment les jeunes, aux risques de ces programmes de migration. Les gouvernements, les médias et les organisations de la société civile ont un rôle essentiel à jouer en faisant entendre les voix des victimes.

Omar SYLLA !
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