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Arrestations au Sahel : le signal des libertés en recul




Le 1er août dernier, l’ex premier ministre malien, Moussa Mara a été inculpé pour "atteinte à la crédibilité de l’État" après un message de solidarité envers des détenus politiques. Une arrestation surprise, qui s’inscrit dans la multiplication de signaux inquiétants pour le paysage politique sahélien.

L’inculpation repose sur un tweet publié le 4 juillet 2025, dans lequel il exprimait sa "solidarité indéfectible avec les détenus d’opinion" après une visite en prison . Le parquet a retenu quatre chefs d’accusation : "atteinte au crédit de l’État", "opposition à l’autorité légitime", "incitation au trouble à l’ordre public" et "troubles à l’ordre public" . Placé sous mandat de dépôt, il est détenu à la maison d’arrêt de Bamako en attendant son procès prévu le 29 septembre 2025 .

Au Burkina Faso l’opposant burkinabè Hermann Yaméogo,a été relâché le 27 juillet, plus de 24 heures après son enlèvement à Ouagadougou, par des hommes armés en civil. Figure emblématique de la vie politique nationale, le président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) a été quant à lui arrêté sans cadre légal apparent, suscitant une vive inquiétude au sein de l’opposition burkinabè.

L’interpellation s’est déroulée dans la soirée du 26 juillet, à son domicile, peu de temps après la publication d’une tribune virulente contre le régime militaire de transition dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré. Dans ce texte largement relayé sur les réseaux sociaux, Me Yaméogo dénonçait une gouvernance inefficace et un pays « suspendu au-dessus du vide ». Ce coup de force contre une figure respectée du paysage politique burkinabè, fils du premier président du pays indépendant, marque un nouveau tournant dans les relations entre les autorités de transition et l’opposition.

Selon ses proches, l’homme politique septuagénaire a été interrogé par les services de l’Agence nationale de renseignement (ANR), sans violence physique, mais privé de nourriture et d’eau. Son état de santé fragile aurait précipité sa libération. Officiellement, aucune charge n’a été retenue contre lui, et les autorités n’ont communiqué ni sur les motifs de son interpellation ni sur les conditions de sa détention.

Ce traitement extrajudiciaire n’est pas un cas isolé. Depuis plus d’un an, des cas d’arrestations arbitraires et d’enlèvements ciblés de figures critiques se multiplient au Burkina Faso. Journalistes, opposants, membres de la société civile : la junte au pouvoir semble avoir systématisé ce mode d’action pour étouffer les voix dissidentes.

Une stratégie de répression qui s’étend dans les pays de l’AES

Le cas burkinabè ne constitue pas une exception. À travers l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso, les pratiques répressives à l’encontre des voix critiques deviennent de plus en plus fréquentes. Une dynamique autoritaire semble s’installer durablement, reléguant la liberté d’expression et le pluralisme politique au second plan.

Au Mali, le cas d’El Bachir Thiam est particulièrement révélateur. Ce jeune militant du parti dissous Yelema a été arrêté le 8 mai 2025, lors d’un mouvement pro-démocratie. Depuis, il est détenu au secret, sans procès, ni contact avec ses proches ou un avocat. Ses compagnons d’arrestation ont été relâchés, mais lui reste enfermé dans des conditions déplorables, selon les rares témoignages parvenus à ses proches : absence de lumière, mauvaise hygiène, nourriture insuffisante. Une forme de disparition forcée, devenue arme politique pour dissuader toute forme de contestation. Le silence des autorités maliennes sur son sort reflète une stratégie de terreur silencieuse visant à neutraliser toute dissidence.

Au Niger, c’est l’ancien président Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’État de juillet 2023, qui demeure prisonnier du pouvoir. Depuis deux ans, il est séquestré avec son épouse dans le palais présidentiel, dans des conditions qualifiées d’inhumaines par les organisations internationales. Privé de soins, d’avocats, et de tout contact extérieur, Bazoum incarne une figure de légitimité démocratique bafouée. Sa détention prolongée, malgré les appels répétés de la communauté internationale, illustre le refus des nouvelles autorités nigériennes d’engager un processus démocratique clair.

Cette généralisation des mesures répressives dans les trois pays de l’AES s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par de nouvelles influences. Depuis le rapprochement de ces États avec des partenaires extérieurs comme la Russie, connue pour sa gestion autoritaire de l’opposition sur son propre territoire, les pratiques politiques dans la région semblent s’aligner sur une gouvernance de plus en plus fermée. La systématisation des détentions arbitraires, des disparitions forcées et du musellement des médias interroge sur l’avenir de la démocratie au Sahel.

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