Le chef de l’Etat tente, depuis quelques jours, de montrer sa bonne foi en matière de lutte contre la mauvaise gouvernance. Mais, à chaque éclatement d’un dossier de malversations financières, il essaie de se blanchir en oubliant qu’en tant que chef de gouvernement, il a l’obligation de veiller au grain. Pour commencer, il s’est saisi du dossier des primes exceptionnelles qui a paralysé pendant plusieurs mois, le secteur de la santé. A cet effet, il a limogé le ministre des Finances d’alors, Soulé Mana Lawani. Dans cette affaire, le chef de l’Etat a porté tout le chef d’accusation sur lui sans pour autant égratigner le ministre de la santé , Kessilé Tchalla, qui ne faisait plus partie de l’équipe gouvernementale en ce moment. Sinon, il aurait subi le même sort que son collègue. Qui sait ? L’Ige a, également, été envoyée dans les locaux du ministère de la Santé pour enquêter sur la gestion faite des 40 milliards de francs Cfa débloqués par le gouvernement pour équiper les centres hospitaliers. Encore que jusque là, personne n’est informé sur les résultats de cette enquête. On en est là, lorsque le conseil des ministres en date du 03 juillet, nous apprend que le rapport de l’inspection générale de l’Etat d’Alidou Koussey sur la gestion des milliards de francs Cfa de la Cen-Sad et de la réhabilitation du Cic révèle des graves irrégularités financières. Sur le champ, des sanctions sont tombées sur certains mis en cause. Quant aux autres, ils ont été blanchis par le gouvernement. Dieu seul sait par quel miracle. Une fois encore dans ce cas, le gouvernement s’en lave les mains. Pourtant, l’organisation du sommet a été un dossier personnellement pris en charge par le chef de l’Etat. Mais, force est de constater, chaque fois qu’il y a un dossier de malversations financières qui éclaboussent le gouvernement, Boni Yayi s’en lave les mains et décline toute responsabilité alors qu’il relève de son autorité de mettre fin à toutes ces dérives observées au sommet de l’Etat. Si tant est que ces actions du chef de l’Etat concernant ces dossiers visent à lutter contre la mauvaise gouvernance, il n’en demeure pas moins vrai que cette lutte est sélective, car il y a des dossiers plus accablants que ceux-ci mais dont les résultats des audits ont été rangés dans les placards par pure clientélisme. Alors c’est comme le pyromane qui vient jouer au sapeur pompier. Et les disciples ne sont qu’à l’image du maître. C’est cela le Bénin du Changement.
Juliette B.CHECONY