Beaucoup d’étudiants ne sont pas allés du dos de la cuillère pour qualifier de dangereuses les récentes déclarations du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, François Abiola, sur les antennes de la télévision privée ‘’Golfe Tv’’ à propos de la situation qui prévaut dans les universités béninoises. Hier lundi sur le campus d’Abomey-Calavi, les étudiants ont traité de tous les noms leur ministre de tutelle. « Nous allons durcir le mouvement », pourrait-on entendre. Dans presque toutes les conversations, M. Abiola est fustigé. Ce faisant, la plupart des étudiants ne sont plus prêts à discuter de quoi que ce soit avec lui. Et pour cause ! Parlant de l’occupation anarchique du campus d’Abomey-Calavi par les forces de l’ordre, ils ont balayé du revers de la main les explications à la limite provocatrices du ministre Abiola qui faisait croire à l’opinion publique qu’il s’agit d’assurer la sécurité des étudiants et des enseignants. Pour les uns et les autres, le rectorat soutenu par le gouvernement leur a envoyé des forces de l’ordre pour les mater. C’est pourquoi, les étudiants et leurs responsables réclament leur départ et la libération du bâtiment Hassan II qu’ils ont érigé en ‘’caserne’’ sur le campus. Dans ces conditions de psychose généralisée, les étudiants estiment qu’ils ne peuvent pas apprendre. Sur ce point, ils indiquent que l’autorité ministérielle devrait se taire s’il n’avait rien de concret à proposer pour une bonne sortie de crise. Concernant la polémique liée à l’inscription en ligne qui continue de faire des vagues, le ministre Abiola est encore désavoué par les étudiants. Ils concluent qu’à travers ses déclarations, il ne comprend pas le fond du problème. Selon leurs propos, le nouveau système d’inscription est un piège pour la communauté universitaire en ce sens que c’est une stratégie pour limiter le nombre d’étudiants dans les universités publiques au Bénin. En dehors de cela, ils y notent de graves défaillances car, les inscriptions de plusieurs étudiants sont rejetées et après validées, sans que l’apprenant n’ait la fiche de pré inscription qui doit lui permettre de continuer le reste du processus dans une longue queue par la suite. Au total, les étudiants ont balayé du revers de la main toutes les déclarations du ministre Abiola. Ils sont prêts à en découdre désormais avec lui.
Cécile Agossa
Situation aggravante pour Boni Yayi
L’attitude du ministre de l’Enseignement supérieur aura à coup sûr, des répercussions sur l’avenir politique du chef de l’Etat Boni Yayi. Tout le monde sait que les étudiants, de par leur nombre et leur influence dans leurs familles respectives, ne sont pas négligeables dans les élections au Bénin. Les régimes précédents en savent quelque chose. Or aujourd’hui, la plupart d’entre eux sont foncièrement contre les dérives du pouvoir en place auxquelles ils promettent des sanctions en 2011. Au lieu d’arranger la situation pour le président Boni Yayi, François Abiola semble envenimer la crise. Le moment venu, le gouvernement sera face à ses responsabilités. C’est le signe que l’alternance au sommet de l’Etat en 2011 devient de plus en plus une réalité.