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mercredi 20 janvier 2010, par dp 24 H
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Campagne cotonnière 2009-2010
De graves menaces persistent sur la filière
La campagne de commercialisation du coton graine 2009-2010 risque d’être la plus difficile voire horrible de ces quatre dernières années. Elle est minée par de nombreux maux et les acteurs impliqués dans la campagne craignent déjà le pire pour la filière.

Après un début de campagne timide due aux fêtes de fin d’année, la campagne de commercialisation est désormais empreinte à des difficultés monstrueuses. Des difficultés qui rappellent aux producteurs de coton les pires moments de l’or blanc au Bénin. Les transporteurs sollicités pour l’évacuation du coton vers les usines d’égrenage observent depuis des semaines, des mouvements de colère. Ils ont presque à l’unanimité pris la résolution de bouder la campagne actuelle. Ils exigent encore le paiement des arriérés des précédentes campagnes mais aussi, l’augmentation du coût de transport du coton. Ces transporteurs qui ne sont pas à leur premier coup en matière du boycot des campagnes cotonnières, ont soulevé le problème de retard de déchargement dans les usines d’égrenage du coton. Ils sont obligés d’attendre au moins cinq jours avant de décharger le coton sans compter le temps qu’a pris le chargement et les difficultés rencontrées sur la route. C’est donc pour cela que les transporteurs du coton exigent ce qu’on pourrait appeler désormais la revalorisation de leur travail. Malgré tout, cette situation vient d’abord porter un coup terrible sur la campagne cotonnière et dévoile au grand jour les incohérences qui persistent dans la filière au Bénin. On avait cru à un moment donné, que les ministres et autres personnes en charge du coton dans notre pays ont remis la filière sur les rails du développement. Loin de donner un nouveau souffle au coton, c’est presque à plus d’amateurisme que l’on assiste autour de cette filière. Quoiqu’on dise, les résultats sont probants : la campagne 2009-2010 est déjà ratée et le coton béninois aura une fois encore toute la peine à rivaliser avec celui des autres pays producteurs. A quoi alors ont servi les investissements consentis dans ce secteur si une certaine discipline ne pourrait pas être observée autour de lui ? Que gagne t-on en organisant des séminaires internationaux à coût de millions de francs chaque année au profit du coton. Les premières victimes de tout ce cafouillage autour du coton sont les Béninois dans leur ensemble mais en particulier les paysans qui consacrent leur vie à la production du coton. Des pauvres producteurs qui passeront encore une campagne pénible .Tous craignent le pire pour leurs familles. Pourront-ils recouvrir les frais pour rembourser leurs dettes à temps ? Car nombre d’entre eux vivent presque à crédit. On se demande à quant viendra la prospérité partagée.

Sylvain HOUNKPE