C’est une messe à l’intention des malades de la lèpre qui a procédé le bal de la Célébration de la 57ème journée mondiale des malades de la lèpre au Bénin. Dans son homélie le père Hippolyte Sagbo a prié pour la paix et la bénédiction du Seigneur sur tous les malades. Pour lui, sauver encore des lépreux de l’oubli, pour les soigner et les réinsérer, la solidarité et le don de chacun sont plus que jamais essentiels. Le préfet des départements de l’Ouèmé/Plateau, François Houessou, a adressé ses mots de reconnaissance à l’endroit de l’Association Raoul Follereau du Bénin pour les efforts de réinsertion sociale des malades de la lèpre. Le représentant résidant de l’Oms au Bénin, Raphaél Gbary a fait savoir qu’il existe désormais des médicaments efficaces pour traiter gratuitement sans mutilation les malades de la lèpre. Selon lui, le Bénin enregistré 248 nouveaux cas de lèpre dont 170 formes multi bacillaires. « Les hommes sont atteints dans une proposition semblables a celle des femmes à savoir 49% contre 51% » a-t-il laissé entendre. Il a précisé que la lèpre est une maladie faiblement contagieuse, facilement guérissable mais hautement sociale. Pour lui, l’ignorance, la peur ancestrale sont sources de discrimination, de rejet, d’exclusion sociale. « L’éducation de la société est la seule voie possible pour changer cette mentalité » a-t-il indiqué. A l’en croire, l’élimination de cette maladie ne peut être espérée que grâce au dépistage précoce et l’amélioration du niveau de vie par le développement du pays, le combat contre la pauvreté. Il a exhorté les autorités sanitaires, les organisations non gouvernementales, les communautés de lutte contre la lèpre à accentuer les efforts consentis depuis de longues années jusqu’à la victoire finale à l’horizon 2010. Pour ce faire, il faut renforcer la communication pour un changement de comportement et mettre en place des réseaux communautaires afin de réduire sensiblement, voire faire disparaître la stigmatisation et la discrimination liées à la lèpre. En prenant la parole, le ministre de la santé Dr Issifou Takpara a demandé une minute de silence en mémoire du Dr Augustin Guédénon. A sa suite, il a précisé que la lèpre cesse d’être un problème de santé publique. « La lèpre est le fruit vénéneux de la pauvreté, de l’ignorance et du sous-développement » a-t-il estimé. Le ministre de la santé par sa juste valeur reconnaît que le gouvernement du président Yayi Boni, continue de se battre pour la reconnaissance de la dignité de ces malades reclus et perclus qui bénéficient de son soutien à travers les soins de son ministère.Il a exhorté la population béninoise à se faire dépister par un médecin dès l’apparition d’une tache cutanée couleur plus clair ou brune sur la peau. Le coordonnateur adjoint du programme national de la lutte contre la lèpre et l’ulcère de Buruli Didier Akossadou a signalé que la lèpre est une maladie infectieuse due au bacille de la lèpre. Comme d’autres maladies, la lèpre peut être guérie avec des antibiotiques. Selon ses dires, les léproseries se sont fixés certains objectifs d’œuvrer pour la guérison des malades et de favoriser leur réinsertion dans leur milieux sociaux d’origine, puis leur permettre pendant qu’ils séjournent encore à la léproserie, de jouir d’une vie épanouie pour que démunie leur souffrance physique et morale.
Antoine ODJO-TYCKO