Depuis la semaine dernière, le ministre de l’énergie et de l’eau Sacca Lafia a entamé avec les cadres de son cabinet une interminable tournée dans les départements Borgou/ Alibori. Cette nouvelle descente sur le terrain de Sacca Lafia consiste à inspecter les ouvrages exécutés par le ministère en matière d’électrification et d’eau en milieu rural et péri urbain. Dans les communes visitées par le ministre et sa suite, le problème d’électrification se pose avec acuité comme c’est le cas à Sinendé. Des installations vétustes et inadéquates à la fourniture d’électricité ont accueilli la délégation ministérielle. A cause de l’état calamiteux des groupes électrogènes de Sinendé, les populations n’ont droit qu’à un courant électrique de quelques heures par jours sans compter avec les nombreuses coupures répétées. Il n’en fallait pas plus pour susciter la colère des populations qui attendent impatiemment la connexion des chefs lieux de communes. Pour l’eau, la situation est beaucoup plus critique dans les communes de l’Alibori, car les populations ont un accès réduit et difficile à l’eau potable. Le mètre cube d’eau est vendu à 600F Cfa alors que dans les autres villes du Bénin, l’on ne débourse que 190F Cfa pour la même quantité. Plongée à plusieurs reprises dans le noir, la commune de Gogounou affronte aussi les difficultés liées à la distribution d’eau courante. Le centre de la ville est à la surprise générale desservi par les adductions d’eau villageoises gérées par les fermiers installés en zones rurales. La réalité que vivent les populations du Borgou et de l’Alibori monte la colère contre le gouvernement. Le ministre Sacca Lafia a donc pris l’habitude de toucher du doigt ces réalités qui compromettent son chef. Une réalité qui donne l’impression que la Sbee et la Soneb se sont assignées une nouvelle mission, celle de mettre Boni Yayi en difficulté. Et ce nouveau périple budgétivore du ministre Sacca Lafia sur les installations des sociétés sous sa tutelle montre que l’inquiétude s’est emparée de l’homme. Tout le monde espère que ces tournées apporteront une solution durable à la souffrance des populations. Et que toutes ces descentes ne soient pas au fait des campagnes électorales. On doute fort que le ministre ne vienne rencontrer les cellules de base des Forces Cauris pour un Bénin Emergent sur financement du budget de son ministère. Si tel est le cas, il ferait mieux de laisser les ressources de l’Etat pour financer ses périples politiques et pensent à utiliser s’ils en ont celles de son parti politique.
Célestin HOUNKPE