Les travailleurs de l’Office national du bois (Onab) sont mécontents des autorités politico administratives. Ils leur reprochent de cautionner les dérives du repreneur de l’Industrie du bois du Bénin (Ibb), Sa Jupiter Impex qui selon eux, foule au pied, les règles du jeu établies dans le dossier d’avis d’appel d’offres. Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée hier lundi à la salle de conférence de l’Onab, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’Onab Denis Guessé a peint un tableau sombre de la situation que les travailleurs vivent avec le repreneur, durant la période de transition. Pour lui, la signature de la transaction avec le paiement par Jupiter Impex d’un montant de 1,5 milliard de francs Cfa était assortie d’une période transitoire durant laquelle l’Etat doit se faire fort de l’exploitation, de la maintenance et du gardiennage des actifs industriels de la société et veiller à leur conservation en opérateur responsable. Mais contre toute attente, a-t-il regretté, cette période transitoire connaît beaucoup de difficultés en raison de la mauvaise foi manifeste du repreneur justifiée par la non installation des organes d’administration et de gestion et la délimitation du domaine de Ibb Sa et de l’Onab. Tout cela en violation de l’article 7 des documents juridiques et conformément aux normes de l’Ohada qui stipulent que la mise en place d’un Conseil d’administration, la nomination de son président sur proposition de l’opérateur et la nomination du directeur général de la société sur proposition de l’actionnaire principal sont préalables pour la continuation des activités par le repreneur. Aussi a-t-il dénoncé, le comportement du repreneur qui a entrepris l’exploitation sans avoir respecté aucun point des clauses par la location des engins, l’utilisation des lieux de stockage, le magasin et d’autres bâtiments qui ne sont pas dans le patrimoine de l’Ibb Sa par la cérémonie de remise de clés sur injonction de la présidence de la République. La délimitation du domaine de l’Ibb Sa et de l’Onab a été également au cœur des débats. Par rapport à ce point, Denis Guessé a fait observer que Jupiter Impex exige la totalité du domaine de plus de 22 ha à l’Ibb Sa avec les clés des bâtiments administratifs construits pour l’Onab alors que les documents juridiques de la cession partielle de l’Ibb stipulent à l’article 9 que « le domaine foncier sur lequel l’Ibb Sa est implanté et dont la superficie est estimée à 16 ha environ, est un patrimoine public immatriculé au nom de l’Onab… ». Mieux a-t-il poursuivi, les états financiers certifiés de l’Ibb Sa mis à la disposition de la Commission technique de dénationalisation ne contiennent pas les bâtiments réclamés par Jupiter Impex. Face à cette situation, les travailleurs de l’Onab exigent le respect strict du contenu des documents juridiques de cession de l’Ibb Sa et la convention d’approvisionnement en grumes ; l’installation sans délai des organes d’administration et de gestion avant toute exploitation de l’Ibb Sa y compris le Conseil d’administration, la nomination du directeur général de l’Ibb Sa et le comité de suivi ; le respect strict de la délimitation des 16 ha comportant seulement les équipements et les bâtiments contenus dans le dossier d’appel d’offres et dans les états financiers certifiés ; la mise en bail emphytéotique du domaine foncier et non sa vente à Jupiter Impex ; le respect de la liberté de tout le personnel de l’Onab qui travaille pour le compte de l’Ibb Sa à choisir son employeur. Tout en protestant vivement contre l’immixtion du politique dans le processus de cession partielle de l’Ibb Sa, les travailleurs de l’Onab ont mis en garde la présidence de la République, la Commission technique de dénationalisation, le ministère de l’Environnement et la protection de la nature et la Direction générale de l’Onab pour octroi de tout autre bâtiment ne figurant pas dans le dossier d’appel d’offres et dans les états financiers certifiés. Le Syntra-Onab a été soutenu au cours de cette conférence de presse par le secrétaire général de la Centrale des syndicats autonomes (Csa) Bénin Dieudonné Lokossou qui a demandé aux travailleurs de l’Onab de se mobiliser pour contraindre les autorités à lâcher du lest.
Idelphonse POSSET