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mardi 9 février 2010, par dp 24 H
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Promesse électorale de 2006
La croissance économique à deux chiffres hypothéquée
La croissance économique à deux chiffres était le véritable thème de campagne du candidat Boni Yayi en 2006 pour séduire les Béninois. Arrivé au pouvoir, il n’a pu tenir sa promesse. Au contraire, on assiste à une décroissance économique.

Le renouveau économique avec une croissance à deux chiffres pour les cinq prochaines années. Ce thème de campagne du président Boni Yayi avait fait rêver plus d’un Béninois en 2006. Et, le peuple béninois voyait en sa personne le Messie. Deux ou trois ans ont suffi pour permettre aux uns et autres de savoir que c’était un pur slogan. Selon un rapport du Fonds monétaire international (Fmi), la croissance économique au Bénin était de 3,2% en 2009 et elle descendra à 3% en 2010. Or, dans les pays de la sous-région, elle connaît une nette avancée. Par exemple, le Niger est passé de 1 à 5%, le Togo de 3 à 5%, le Burkina-Faso est au-delà de 5%, la Côte-d’Ivoire, un pays en crise politique, passe de 4 à 5%. Automatiquement, un constat se fait. Dans l’espace sous-régional, le Bénin est le seul pays où la croissance économique est en chute libre. Une deuxième remarque s’observe. Dans la plupart des pays de la sous-région où il y a un net progrès économique, ce ne sont pas des économistes qui sont au pouvoir. Le Niger et le Burkina-Faso ont chacun à leur tête un militaire. En Côte-d’Ivoire, le président Gbagbo est un historien de formation. Au Togo, Faure Eyadéma est un économiste à la seule différence qu’il n’est pas resté dans les grandes institutions économiques comme le président béninois, Boni Yayi. De ces remarques, une question se pose : un économiste peut-il relever le défi de la croissance économique sans une expertise politique ? Non, certainement. La preuve est que le général Mathieu Kérékou est resté au pouvoir pendant dix ans à l’ère du renouveau. En son temps, les Béninois se portaient plus ou moins bien. Pourquoi, c’est au temps d’un banquier chevronné qu’on est en train d’aller vers le pire ? Des éléments existent pour répondre à cette question. La corruption galopante, l’absence de réformes administratives hardies, le clientélisme sont à première vue à la base de cette situation catastrophique. Ensuite, l’absence d’une expertise politique dans les prises de décisions et la politisation à outrance du secteur public en sont pour quelque chose. Que peut-on avoir de concret au plan économique dans un pays où la démocratie est en danger ? Rien. Le Bénin se porte mal, bien qu’il ait à sa tête un docteur de renom en économie. Au sein de l’appareil d’Etat, ils sont nombreux. Les ministres Pascal Koupaki, Nicaise Fagnon, Idrissou Daouda sont des produits des institutions financières de la sous-région. Ceci montre que le pouvoir du Changement est en train de passer à côté de la plaque en matière économique qui était son dernier recours en thème de campagne électoral. Dès lors, la croissance à deux chiffres n’est qu’un leurre.

Cécile Agossa