La dégradation de l’environnement prend une ampleur de plus en plus embarrassante en Afrique Noir. Les eaux naturelles sont négligées et polluées et cette forme de pollution est encore plus flagrante dans les villes du Bénin où les fleuves et lacs constituent des zones de puanteur. Les actions des ONG de la place n’ont pu fait grand chose qui faille apporter une évidente amélioration. La première source de pollution des eaux vient de la population qui, par manque d’hygiène, se ruent vers les lacs pour y uriner voire y déféquer. Pour d’autres, les eaux constituent un dépotoir d’ordures. En saison pluvieuse, ce phénomène se développe dans les eaux stagnantes où les habitants des quartiers y jettent les déchets de toutes sortes par légèreté de mœurs. Ces points d’eau font proliférer les germes de larves d’anophèles qui sont la source du paludisme. A Cotonou, le passage des ponts réserve une odeur désagréable, la pollution est encore plus manifeste, parce qu’étant la zone de la plus grande concentration de la population. Les habitants des quartiers d’à proximité de la lagune ne montrent pas d’efforts à veiller à l’assainissement des eaux et s’octroient le luxe d’y jeter des déchets de toutes sortes. C’est le cas des habitants des quartiers comme « Donatin », « Wxlacodji » qui défèquent sur la plage de la mer. Ailleurs le lac Nokoué est un dépotoir de déchets solides pour les habitants des quartiers « Midombo », « Minontchou », « Yenawa » et pour ne citer que ceux-ci. Ce fait est aussi à décrier dans les campagnes où les sources d’eaux vives servent à la fois à la consommation, à la vaisselle, à la lessive et aux toilettes .Les habitants n’ayant pas le choix se retrouvent ainsi exposés aux maladies comme le cholera, l’ulcère de Buruli, la gangrène et beaucoup d’autres contagions microbiennes. Cette situation est visible à « Agbo Topka » un village dans les coins reculés de Possotomè de la commune de Bopa et plus criard dans les villages lacustres. L’idée d’alimenter ces régions en eau potable reste une solution cependant, il n’en demeure pas moins que du point de vue généraliste, il faille que le ministère en charge prenne une initiative suivie de près pour protéger les eaux naturelles afin de favoriser leur assainissement. Ce phénomène est sans doute une question de salubrité que de santé qui est jusqu’à présent négligée mais qui est d’une importance capitale pour le bien-être de la population. C’est aussi sans doute une autre preuve d’émergence et du Changement qui se doit d’être prise en compte.
Malick AHOUASSOU (Stagiaire)