Le Chef de l’Etat Boni Yayi a renoué avec ses anciennes habitudes : celles de passer de maison en maison pour compatir à la douleur des populations sinistrées à cause de l’inondation. Ce mercredi à Cadjèhoun, il était aux côtés de certains habitants. Comme à l’accoutumée, il a pris l’enfant d’une dame qu’il a baptisé Jean-Baptiste alors que le nouveau né est une fille. Tout le monde s’est mis à l’applaudir. Après son départ, des critiques fusaient de toutes parts. Cela montre que les Béninois sont déjà fatigués de ce folklore du Chef de l’Etat depuis trois ans qui profite de leur misère pour se donner une côte de popularité. Il leur a promis la résolution des problèmes d’inondation. Tout le monde se rappelle de ses vieilles promesses restées sans solution jusqu’à ce jour. « C’est ce qu’il dit souvent pour nous tromper », se désolaient les uns et les autres. C’est dire que la plupart des Béninois ont pris conscience des propos démagogiques et sans suite du gouvernement. Personne ne veut maintenant croire aux propos de la Haute Autorité du pays. Ceci constitue un véritable problème pour le régime du Changement, quand la crédibilité du Chef est mise à mal. Dans beaucoup de cas, le même problème s’est posé. Au plan politique, c’est le chaos. De fausses promesses faites aux hommes politiques sont à la base des difficultés du Changement. L’Assemblée nationale est en ébullition totale, parce que les députés, même ceux de la majorité présidentielle, sont déçus des comportements de leur chef. Au niveau des syndicats, c’est toujours le même scénario. On prend des engagements difficiles à réaliser pour leur faire plaisir. Au bout du rouleau, la déception est grande avec des conséquences immédiates caractérisées par des mouvements de grève paralysant l’administration publique nationale. Au total, tout le monde est déçu du Changement. C’est comme si le nouveau système politique béninois est pavé de mensonges. Comme on ne trompe pas tout le temps le peuple, l’éveil citoyen a commencé par animer les Béninois. On se rend compte que le Changement n’est qu’un simple slogan.
Wilfrid Babatoundé