jeudi, 25 juillet 2024 -

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La piste panafricaniste ou les bienfaits futurs du fédéralisme africain




Les Etats unis d’Afrique constituent, aujourd’hui, la solution la plus pertinente aux maux du continent africain. Nos micro-Etats ne sont pas en mesure de satisfaire nos besoins ni de soigner nos maux. Ces maux que sont le chômage, la pauvreté, l’enclavement, l’anarchie, la dictature, les guerres…se solutionnent par une sollicitude collective. Unis, nous aurons suffisamment de prise sur nos réalités.
En effet, tout conflit a ou peut avoir une solution. Le conflit est un tiraillement, une désunion, une confrontation ; son contraire, l’harmonie, l’entente, l’union, la symbiose. D’où l’union est à la fois, contraire du conflit ; mais voix d’échappement et de solution au conflit. L’instabilité figure, ainsi, en bonne place, parmi les pressions, motivations à l’unité africaine, au fédéralisme africain, avec notamment la perspective d’une force armée africaine dissuasive et régulatrice.
Le passé, le présent, mais surtout le futur font une commune pression en faveur de l’unité africaine. Le passé fait de domination coloniale, esclavagiste, avec ses séquelles encore visibles et réunificatrices, démontre que l’unité aurait été une préservation. Le présent, où des entités de toutes sortes se conçoivent, par nécessité, dirons-nous, tant les alibis foisonnent. Mais surtout, le futur, qui inéluctablement, déroulera en face de l’Afrique de grands ensembles concurrents, où sans une voix unifiée et forte, l’Afrique demeurera la proie à se partager.
Comparer l’Afrique avec d’autres parties du monde, ou plus précisément avec l’U.E, on voit, qu’elle fait figure de la division des records négatifs face à l’union des records positifs. Mais sans nous attarder sur ces maux, repensons pour panser ses plaies.
Et de là, le fédéralisme menant à la sollicitude collective à l’endroit de tous les démembrements de la collectivité ; quel meilleur champ d’exercice du fédéralisme que l’Afrique ? Continent où la culture d’entraide et de solidarité est encore, malgré le modernisme, présente et opérante ! Continent où l’histoire s’est acharnée et a laissé des séquelles encore visibles et unificatrices ! Continent marginalisé par les échanges économiques, relégué en marché de consommation et fournisseur de matières premières, dans des conditions souvent dictées ! Continent où des groupuscules de tous genres et, pour n’importe quel motif, prennent en otage des peuples entre des feux nourris, sans craindre de représailles conséquentes ! Continent où la mauvaise intégration des potentialités et économies se reflètent quotidiennement par le gain qui y est effectué par l’étranger, nos ressources nous sont renvoyées manufacturées (donc gain de travail et de bénéfices des autres) !
Donc à l’Afrique de décliner son intelligence organisationnelle concertée et coopérative. Quoiqu’il en soit, la loi de l’offre et de la demande, joue en faveur de l’Afrique. Et cet enjeu africain devrait être traduit en profits de la part des et pour africains. D’où vivement l’intelligence coopérative, concertée, économique africaine, passant nécessairement par son unité.
Le pédagogue sénégalais Serigne Bamba Ly, dans son Kocc pour les Etats unis d’Afrique souligne la conférence de Syrte en Libye de mars 2001 sur l’initiative du tonitruant président Khadafi comme la réplique de celle qui a eu lieu à Berlin en 1885 et qui balkanisait l’Afrique au bénéfice de l’occident. Mr Ly note que les Etats divisés se sont unis à Syrte et ceci conforta son rêve des Etats unis d’Afrique. Et de là, nous pouvons envisager une solution à notre équation. Avec la suppression des frontières, l’extinction des foyers de tension, l’utilisation effective d’un seul passeport, la coopération et l’intégration africaines, le développement de l’agriculture (l’Afrique, grâce à ses différentes zones climatiques, peut produire pratiquement tout, tant pour les cultures vivrières que commerciales, ce qui est certifié par l’agronome Seck) ; le développement de l’industrie (avec plus de technicité et de capitaux, mais un vaste marché) ; le développement de la culture (en matière de culture, nous n’avons pas de leçons à recevoir de personne disait Senghor, l’union nous donnera les moyens de propager nos civilisations) ; le développement du sport (l’Afrique est un grand sportif, le nombre impressionnant de talents qui sont allés monnayer leurs dextérités et endurances un peu partout dans le monde en atteste. Unis, nous serons mieux dotés pour faire éclore plus et mieux d’habilités). Le retour des cerveaux africains en fuite avec notre union permettra à l’Afrique de retrouver ses lettres de noblesse, son lustre d’antan ; leur expertise inestimable fera décoller le continent.
Le futur africain surtout celui fédéral se présente visiblement sous de bons auspices, notamment, avec en perspective l’élargissement du conseil de sécurité de l’ONU dans lequel une voix permanente de l’Afrique, en son sein, est attendue. Aussi des perspectives sur la sécurité en Afrique sont ouvertes, tant les intéressés par la coopération sécuritaire avec l’Afrique sont nombreux, car conscients qu’avec la mondialisation les frontières ne sont qu’illusoires.
L’union, contraire du conflit, est aussi remède des conflits, d’où vivement l’Etat fédéral africain, fondé sur des bases scientifiques, claires et solides.
L’unité, l’harmonie, l’intégration, l’ingéniosité, l’intelligence de la production, des économies, des peuples, des politiques, des positions…africains ; s’ils ne feront pas mal, comme le chante le chanteur Tiken Jah Fakoly, feront acquérir à l’Afrique, sans aucun doute, une toute autre position, que celui de continent des records négatifs, qui est la sienne.
Ces exigences de connexion et coordination sont d’autant plus fondées que le pragmatisme des systèmes économiques étrangers concurrents, dans un monde globalisé, est redoutable (Cheikh Anta Diop, 1984). En effet, le savant panafricain sénégalais s’étonnait que la viande d’Amérique du sud soit meilleur marché sur le continent que nos viandes. Aujourd’hui encore, cette bizarrerie persiste, si l’on sait que le kg de mil local est plus cher que le kg de riz importé dans beaucoup de nos marchés. Dans ce sens, l’Etat fédéral africain gagnerait beaucoup à gérer une porte feuille de redynamisation, modernisation, ou actualisation des canaux de production économique grâce aux innovations scientifiques et techniques, donc d’intelligence économique comme le fait avec succès le Maroc.
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P B Moussa Kanté, chercheur en développement rural et en science Po
Mouvement des étudiants panafricains de l’université de St Louis du Sénégal (MEPUS)

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